Grand Sumo Ryogoku Kokugikan
En tête de ma liste des choses à faire figurait “assister à un match” de Sumo. J’ai de la chance car durant mon séjour se déroule l’un des 3 grands tournois annuels de Tokyo.J’ai acheté assez facilement une place dans l’un des combinis du quartier et pour 8200¥ j’ai eu une bonne place pour toute une journée de combats… Je ne connaissais rien au sumo mais après toute une journée au Kokugikan - l’arène de la compétition - je pense en avoir compris les bases…
Tout d’abord, les règles d’un combat sont relativement simples : un match se déroule sur un ring appelé Dohyo, construit dans une argile particulière et recouvert d’une fine couche de sable. Un cercle délimite la zone de combat. Un combat est gagné par un rikishi - lutteur - quand il sort son adversaire hors du cercle ou quand celui-ci touche le sol avec une partie de son corps autre que ses pieds…. Contrairement à la boxe ou à d’autres sports de combats occidentaux il n’y a pas de catégories par poids - un léger peut ici lutter contre un très lourd… la règle est qu’il lutte dans sa division. Il y en a 4 chez les professionnels : Jonokuchi (rang le plus bas) Makushita ( juniors) Juryo (division intermédiaire) et Makuuchi (division senior)
Dans la division reine - Makuuchi - on distingue 5 grades, du plus au moins élevé : Yokozuna (2 actuellement, Hakuho et Asashoryu) Ozeki (5 Kotooshu - bulgare - Harumafuji, Chiyotaikai, Kotomitsuki et Kaio) Sekiwakei (2) Komusubi (2) et Maegashira(31)
Il y a un classement général : le Banzuke. Il est mis à jour par les résultats des rikishi à chaque grand tournoi - nombre de victoires par rapport au nombre de défaites. Un tournoi dure 15 jours, il y en a 3 à Tokyo et un à Nagoya, Osaka et Kyushu. 800 rikishis s’affrontent dans la ligue professionnelle et, selon les résultats, durant les 15 jours les lutteurs progressent ou régressent dans le Banzuke - à l’exception des Yokozuna qui gardent leur titre à vie.
Pour qu’un rikishi obtienne le titre suprême de Yokozuna il faut qu’il gagne 2 tournois consécutivement en tant que Ozeki et qu’il se montre moralement digne du grade.
Mais le sumo n’est pas qu’un simple combat, c’est aussi le spectacle de nombreux rites traditionnels typiquement japonais qui trouvent leurs origines dans la religion - les premiers combats de sumo il y a plus de 1500 ans étant des prières aux dieux pour de bonnes récoltes….
Une journée de tournoi est encore aujourd’hui restée très codifiée. Les combats durent toute la journée sans interruption et sans temps mort de 8:40 à 18:00 des Jonokuchi au Makuuchi selon l’ordre croissant du Banzuke - pour se terminer donc par les 2 combats des Yokozuna. Les matchs sont surveillés par 5 juges - shinpan - d’anciens lutteurs, reconnaissables à leur kimono noir . L’arbitre - le gyoji- est seul sur le ring avec les 2 lutteurs. Il donne le signal du départ avec son éventail et encourage les combattants tout au long du combat.
Avant chaque combat chacun des 2 lutteurs se livre à une chorégraphie bien codifiée et qui se complique quand on progresse dans le classement…
Enfin plusieurs cérémonies particulières se déroulent : les cérémonies d’entrée des divisions Juryo et Makuuchi - avant leurs combats - avec présentation des champions en tablier d’apparat - kesho-mawashi. La danse des 2 Yokozuna, et enfin après le dernier combat de la journée la danse de l’arc - yumitori-shiki - pour encourager les fans à revenir le lendemain…
Arrivée à la station Ryogoku, on est tout de suite dans le bain au cœur du quartier du sumo
Pour ceux qui n’achètent pas leurs sièges à l’avance il est encore possible - à condition de se lever très tôt- d’acheter des places non réservées…
Moi j’avais mon ticket donc je n’ai pas fait la queue
petite désinfection anti grippe A à l’entrée
remise de souvenir ainsi que la liste des combats et le Banzuke de ce 9ème jour de tournoi…
Malgré l’aide des hôtesses - qui parlent un excellent anglais - il n’est pas facile de trouver sa place au début… Siège individuel (à l’étage) section A, entrée 2, rang 3, place 17…
Au premier rang - les places les plus recherchées et les plus chères, des tatamis individuels au plus proche du ring, ensuite les box de 4 ou 2 places.
Au centre, le Dohyo et son toit symbolisant un temple shinto
L’arrivée des juges à 8:40 pour le début des premiers combtas
Chiri-o-kiru, en signe de fair-play
Shiko, pour chasser les esprits
Shikiri
Tachi-ai, début du combat
Un shinpan
Un yobidashi annonce les 2 combattants
On peut même manger sur place et ainsi passer toute sa journée au Kokugikan
Il ne faut pas se fier aux apparences, ce sont pour la plupart de faux gros, ils sont tous extrêmement musclés et incroyablement agiles et rapides…
En cas de doute les juges délibèrent… dans ce cas de figure le combat a été rejoué car ex æquo.
La coiffe de l’arbitre rappelle celle des prêtres shintos…
Les premiers rangs bien que les plus recherchés peuvent être dangereux…
preuve en est quelques minutes plus tard, ce juge percuté par un rikishi…
Même si cela aide, ce n’est pas toujours le plus gros qui gagne, celui là est passé à côté de moi et dépassait d’une bonne tête mon mètre quatre vingt…
… pourtant quelques minutes plus tard il se fera sortir par david….
La foule apprécie la technique…
Pendant se temps on pique-nique un peu partout….
Les matchs s’enchainent jusqu’à 14h30 avec la cérémonie annonçant le début de la compétition Juryo
Le stade se remplit au fur et à mesure…
Après presque 2 heures de compétition dans cette division, arrivent les champions de la catégorie Makuuchi…
à partir de ce moment on peut écouter sur 78.3 - la radio du stade - les commentaires en anglais de chaque combat. J’ai profité de mon séjour pour craquer sur le dernier iPod Nano (bleu turquoise, Emma…) il fait aussi radio, mais si vous n’avez pas la vôtre vous pouvez en louer une directement sur place
Toute de suite après la présentation des champions, chaque Yokozuna présente sa danse… C’est Hakuho qui commence…
Suivi par Asasyoryu
Les bannières sont déployées signe que toutes les places sont vendues…
La ferveur du public ajoutée au rituel prolongé, chaque combat gagne en intensité…
Le bulgare Kotooshu (en fait Kaloyan Stafanov Mahlyanov), l’un des rares européens à ce niveau du Banzuke
Parmi les rituels des athlètes de rang élevé, il y d’abord l’eau dont ils se rincent la bouche et qu’ils recrachent discrètement avant de s’essuyer avec une feuille de papier
Ensuite il y a le lancer de sel en l’air qui est sensé purifier le ring et le consacrer.
Même dans cette arène la publicité est présente, mais traditions obligent toute modernité ou électronique est absente…
L’avant dernier combat, victoire du Yokosuna Asashoryu sur Chiyotaikai
Dernier combat de la journée, victoire du Yokozuna Hakuho sur Kisenosato
Le dernier combat de la journée à peine achevé, un lutteur de rang plus modeste exécute un Yumitori-shiki
Il est 18h quand le drap est tiré sur le dohyo et que se termine cette 9ème journée de tournoi
Les coussins sont aussitôt rangés alors que les spectateurs commencent à évacuer la salle
J’attendrai une trentaine de minutes que la foule se disperse avant de rejoindre la station de métro voisine pour me rendre à mon hôtel à 3 stations de là…

































































































Elizabeth , le 23 septembre 2009 16 h 26 min
C’est cool… Emma a bien noté la couleur de ton nouvel Ipod… et moi j’ai bien noté son commentaire lorsqu’elle a noté la couleur de ton nouvel Ipod!